Le fameux Produit Viable Minimum (Minimum Viable Product ou MVP)

 

« Si vous n’êtes pas gêné (embêté, insatisfait…) par (la 1ère version de) votre produit, alors ça veut dire que vous l’avez lancé trop tard. » – Reid Hoffman, cofondateur de Linkedin.”

 

On est en 1998,

Et 1, et 2 et 3 zéro. “On est les champions”. C’est la folie à Paris et dans tous l’hexagone. La France vient de gagner pour la première fois la coupe du monde de football.

 

Vous vous en souvenez probablement, n’est-ce pas ?   #LeTempsPasseViteTropVite!

Vous faisiez quoi en 98 ?

Ça ne nous rajeunit pas, n’est-ce pas ?

En tout cas, il y a de fortes chances que cela vous rappelle de bons souvenirs, n’est-ce pas ?

 

Ça tombe bien parce qu’on ne va PAS parler de foot.

On va parler de Nick (qui n’a rien à voir avec le foot ni avec la France puisqu’il est américain).

En 1998, Nick se balade dans un centre commercial à San Francisco, à la recherche d’une paire de chaussures de foot sport. Il entre dans le premier magasin, se balade, jusqu’à que son oeil l’attire vers un modèle avec un style qui lui plait. Il demande à la vendeuse si elle a la même paire en noire. Elle court (oui, je l’imagine courir) regarder et revient

 

sans la paire.

 

Elle lui annonce qu’elle est désolée (avec une tête d’enterrement) mais elle n’en a plus en noir.

Nick se rend dans un autre magasin, se balade et tombe nez à nez avec une nouvelle paire qui l’adore. Il aime le style et la couleur. Du coup, il demande cette fois-ci au vendeur de lui amener une paire à sa taille. Le vendeur court se jeter dans la piscine (je l’imagine courir comme les champions de saut en hauteur pour finalement se jeter dans une énorme piscine de chaussures : ne riez pas trop fort, les piscines de produits, ça existe. D’ailleurs, vous avez probablement déjà vu des piscines de ballons dans un hypermarché ?) récupérer la bonne taille.

7min 33 secondes plus tard (oui, c’est précis), il revient avec

 

les mains vides

et

une tête d’enterrement.

 

Il est désolé mais il n’a pas trouvé la bonne taille.

Nick continue sa tournée des magasins.

Au bout de 66 minutes, après avoir écumé tous les magasins de chaussures du centre commercial, il ressort bredouille, agacé, déçu et frustré.

Il décide alors de se tourner vers les magasins spécialisés de proximité (“les supérettes à chaussures de l’époque”).

Après de longues minutes, toujours rien.

Il rentre dépité.

 

Agacé par ce problème, en y réfléchissant, il se dit qu’il y a une opportunité (de business).

Il a, alors, l’envie de créer un site (rappelons que nous sommes en 1998) internet qui va référencer des centaines voire des milliers de chaussures pour offrir du choix (de taille, de couleur, de motifs, de marques) à d’autres personnes qui ont le même problème.

Il en parle à son ami Tony.

Tony est emballé par l’idée. Les 2 compères décident alors d’aller à la rencontre des investisseurs #businessangels parce qu’ils veulent et rêvent d’une grosse entreprise.

Motivés, gonflés à bloc, ils croient en leur projet…

 

Sauf qu’ils sont les seuls à y croire. Les investisseurs ont de gros doutes parce que pour eux ce n’est qu’une idée : il n’y a pas de données, pas de tests, pas d’antécédents, pas d’expériences, pas de chiffres, pas de preuves…

Bref, c’est un peu léger.

Nick et Tony sont vraiment déterminés à prouver que leur projet est viable. Ils se creusent la tête pendant plusieurs jours.

Finalement, ils décident de faire un test.

 

Ils vont prendre en photo des chaussures dans différents magasins (bon, on est en 1998) et les mettre en ligne sur un site qu’ils viennent de créer.

L’objectif c’est d’acheter la paire de chaussures une fois que le client la commande sur le site pour la lui expédier par la suite. Alors c’est vrai qu’en termes de temps, de marges, de rentabilité… c’est loin c’est d’être le pied.

Mais c’est pas grave : c’est le 1er jet, le 1er test.

Ils tenaient leur :

 

Produit Minimum Viable (le fameux MVP ou PMV)

 

D’ailleurs, ça s’est avéré concluant. Ils ont validé leur concept, augmenter leur confiance en eux, accumuler des preuves…

Vous imaginez bien que lorsqu’ils sont retournés voir leurs investisseurs avec cette histoire, le regard a changé.

En effet, ils sont beaucoup plus enthousiastes. Ils les suivent.

 

En 1999, Nick créé Zappos.com (le nom est inspire de zapatos qui veut dire en espagnol :  chouquettes chaussures).

Tony est le CEO.

Zappos connait une très belle croissance (grâce à d’autres stratégies orientées satisfaction des clients… cela fera, sûrement, l’objet d’un prochain article).

Et 10 ans plus tard, l’entreprise est rachetée par une entreprise créée la même année (en 1999) : Amazon pour la coquette somme de 1,2 milliard (oui, milliard de dollars).

 

À travers cette histoire, je voulais votre attention sur la puissance et l’importance du MVP (Minimum Viable Product : un peu d’anglais, ça ne fait pas de mal, n’est-ce pas?).

À mon sens, trop d’entrepreneurs passent trop, beaucoup trop de temps sur le business plan (il ne faut pas oublier que dans “business plan” il y a “business”. Le mot clé c’est “business”) et/ou sur la création de leur produit.

Bien souvent, il est beaucoup plus intéressant d’aller vite et de lancer rapidement son offre parce que toute façon, elle va être améliorée.

Autant se confronter au marché rapidement pour gagner du temps, de l’argent, de l’énergie…

 

Un produit viable minimum (ou MVP) c’est quoi

Un produit viable minimum (MVP) est un produit avec juste assez de caractéristiques pour satisfaire les premiers clients et pour fournir un retour d’information pour le développement futur du produit.

La collecte d’informations suite à un MVP requiert bien souvent moins d’investissements que le développement d’un produit avec plus de fonctionnalités, ce qui augmente les coûts et les risques si le produit échoue, par exemple, en raison d’hypothèses incorrectes. Le terme a été inventé et défini en 2001 par Frank Robinson, puis popularisé par Steve Blank et Eric Ries auteur du best seller « The Lean Startup« .

 

Et si on définissait chaque terme :

  • Produit : qui dit produit dit « réalité ». Il doit être utilisable de manière autonome sans avoir besoin un produit, service supplémentaire. (A noter qu’il peut être, bien évidemment, physique ou virtuel).

 

  • Minimum : quand on parle de minimum cela concerne essentiellement 2 éléments clés : le coût (de production) et les fonctionnalités. D’ailleurs comme vous l’imaginez, en général, plus les fonctionnalités sont limitées plus le coût est réduit (et inversement). En créant un produit avec un minimum de fonctionnalités, on gagne du temps en se confrontant plus rapidement au marché afin de récupérer des informations de manière plus rapide.

 

  • Viable : si on ouvre un dictionnaire et qu’on cherche la définition de la viabilité on trouve : « aptitude d’un être vivant à vivre » ou « aptitude d’un nouveau-né à survivre »(merci Larousse) : c’est exactement ce qui est recherche avec le PMV ou MVP. Il doit pouvoir exister (voire perdurer pour lancer la locomotive) et générer des revenus.

 

L’exemple (probablement, le plus connu) en image :

le MVP ou PMV

Dans produit minimum viable il y a « minimum » et « viable »

Un produit minimum viable possède juste assez de fonctionnalités de base pour déployer efficacement le produit, et pas plus. Les développeurs déploient généralement le produit auprès d’un sous-ensemble de clients potentiels, tels que les premiers utilisateurs jugés plus tolérants, plus susceptibles de donner leur avis et capables de saisir la vision du produit à partir d’un prototype précoce ou d’informations marketing. Cette stratégie vise à éviter de construire des produits que les clients ne veulent pas et cherche à maximiser l’information sur le client par montant d’argent dépensé.

Le produit viable minimum (PVM) est la version aboutie d’un nouveau produit qu’une équipe (ou une personne) utilise pour recueillir le maximum d’informations validées sur les clients avec le moins d’efforts possible. L’utilisation des mots maximum et minimum dans la définition signifie qu’il ne s’agit pas d’une formule. Il faut faire preuve de jugement pour déterminer, dans n’importe quel contexte donné, ce que MVP a du sens. En raison de cette imprécision, le terme MVP est couramment utilisé, délibérément ou non, pour désigner une notion beaucoup plus large allant d’un produit plutôt prototype à un produit à part entière et commercialisable.

Un MVP peut faire partie d’une stratégie et d’un processus visant à fabriquer et à vendre un produit aux clients. Il s’agit d’un artefact central dans un processus itératif de génération d’idées, de prototypage, de présentation, de collecte de données, d’analyse et d’apprentissage. On cherche à minimiser le temps total consacré à l’itération. Le processus est répété jusqu’à ce que l’on obtienne une adéquation produit/marché souhaitable, ou jusqu’à ce que le produit soit jugé non viable.

Steve Blank se réfère typiquement au produit minimum viable en tant qu’ensemble de fonctionnalités minimum.

 

Les objectifs du MVP

  • Être capable de tester une hypothèse de produit avec un minimum de ressources
  • Accélérer l’apprentissage
  • Réduire le nombre d’heures passées sur la réflexion, la conception, le prototype…
  • Acheminer le produit aux premiers clients le plus rapidement possible
  • Établir une base pour autres produits
  • Déterminer et évaluer les capacités de production
  • Construire et développer une marque très rapidement

 

Comment créer et lancer un MVP ?

Il y a plusieurs méthodes, je recommande d’utiliser simplement le PDCA (la roue de Deming).

Planifier : préparer et planifier en récoltant un maximum d’informations sur l’avatar, ses challenges, ses défis, ses envies, peurs… la stratégie…

Développer : réaliser et mettre en œuvre le produit

Contrôler : vérifier si la planification et conforme (ou proche) de la réalisation

Ajuster : ajuster, réagir et lancer (pour ensuite ajuster, réagir et relancer)

Grâce à ce formidable outil en 4 étapes simples, on peut transformer une idée en action, des actions en MVP (ou PMV) et le MVP en connaissance.

 

3 recommandations pour optimiser le processus

  1. Commencer par un produit simple et unique pour résoudre un petit sous-ensemble d’un grand problème ;
  2. Continuer à itérer, tout en résolvant constamment des problèmes plus importants et connexes en route vers la résolution du grand problème ;
  3. Communiquer constamment la vision du grand problème qui sera résolu.

 

Je termine sur 1 2 citations qui résument bien, le concept du MVP (ou PMV) :

« Le perfectionnisme est une maladie. La procrastination est une maladie. L’ACTION est le remède. » Richie Norton

 

« Le PMV (ou MVP) ne comporte que les fonctionnalités jugées suffisantes pour avoir une réelle valeur pour les clients et permettre sa vente (ou son expédition) aux premiers utilisateurs. Les commentaires des clients permettront le développement futur du produit. » Scott M. Graffius

 

Peut être qu’il y a un point commun entre Nick, les vainqueurs de la coupe du monde (vous et moi) : on rêve (ou a rêvé) tous d’écrire notre propre légende personnelle et vivre notre propre rêve (éveillé c’est mieux).

Est-ce que vous avez lancé votre produit ou service?

Est-ce vous super le point de le lancer ?

Avez-vous (ou allez-vous) utilisé la stratégie du produit minimum viable (MVP) ?

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