On peut remplacer le terme de « con » par « imbécile » ou « incompétent » ?

En fait, ça me rappelle une situation en entreprises, que j’ai vu à plusieurs reprises.

Un collègue qui parle à un autre collègue d’un autre collègue

Ou

Un collègue qui parle directement à son collègue

Ou

Un chef, manager, patron… qui parle à un autre chef, manager, patron… ou collaborateur d’un autre collaborateur

Ou

Un chef qui parle directement à son collaborateur

En utilisant cette phrase (souvent en étant un poil énervé) :

Ah mais, qu’il (ou elle) est

 

Con(ne) !

 

(souvent suivi de cette autre phrase :  )

 

Vraiment con(ne) !

 

(souvent suivi d’une comparaison)

 

Con(ne) comme…

(j’ai entendu : con comme un balai, con comme ses pieds, con comme une loutre de mer, con comme Jean Eudes du service c….)

Ça vous rappelle peut-être des souvenirs ?

 

Souvent ce qui était reproché dans ces cas de figure, c’est le manque de compétences, d’incompréhension, de compréhension, de réactivité, de discernement, d’anticipation…

Je ne suis pas là pour juger.

 

Quelle est la dernière situation où vous vous êtes senti con (je ne suis pas fan de la vulgarité, je dirais même je déteste utiliser des injures, insultes voire des mots négatifs pour plusieurs raisons…

 

Et vous ?

Par contre, j’avoue ça m’arrive (très rarement, mais ça m’arrive quand même) quand je suis VRAIMENT VRAIMENT VRAIMENT agacé, énervé… par des situations qui me font ch… liées bien souvent à des comportements d’autres individus qui vont à l’encontre de mes valeurs comme l’injustice, la jalousie, le pessimisme exacerbé plus proche du fatalisme que du pessimisme d’ailleurs)…

Et vous ?)

 

Cette situation me fait penser à un biais cognitif.

 

L’effet Diane Kruger

L’effet Dunning-Kruger

 

Avant de nous pencher, sur l’effet Dunning Kruger,

(un petit rappel avec la définition)

 

Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?

C’est une distorsion de l’analyse cognitif de l’information.

En d’autres termes, c’est une déviation automatique de la pensée rationnelle et logique par rapport à la réalité.

 

Revenons maintenant à l’effet Dunning Kruger.

 

L’effet Dunning-Kruger, c’est quoi ?

 

Mais juste avant, une petite histoire.

 

Un beau matin de 1995, un homme pénètre dans 2 banques de Pittsburgh aux États-Unis

pour

Faire un retrait

Faire un dépôt

Faire un braquage.

 

avec une particularité.

Il rentre sans masque, sans déguisement, sans cagoule, sans casque…

Oui, il y est allé à visage découvert.

 

Non pas parce ce qu’il a respecté le petit écriteau à l’entrée qui demande se découvrir le visage.

Mais parce qu’il croyait que…

 

Le pire c’est qu’il a sourit à plusieurs reprises aux caméras de surveillance en entrant et en sortant de chacune des banques.

L’air de dire :

– « Je gère, je sais ce que je fais… bande de c… (bande de courgettes). »

 

Bien évidemment,

La police,

L’a très vite attrapé.

Il a été arrêté le soir même.

Il fut grandement surpris, dégoûté et confus.

Les 2 policiers qui l’ont appréhendé, l’ont entendu répéter avec un air dépité :

 

« Mais, je ne comprends pas, j’ai mis du jus ».

 

Intrigués par cette phrase, les 2 policiers ont creusé la question pour en savoir plus.

Il s’avère que le braqueur s’était badigeonné le visage avec du jus de citron

Parce qu’il pensait que grâce au jus de citron, il allait être invisible sur les caméras de surveillance des banques.

Oui, oui, c’est ce qu’il pensait.

 

Il était sûr de lui.

Il était persuadé.

Sa logique était la suivante :

 

puisque le jus de citron est utilisé en tant qu’encre invisible ça devait le rendre invisible vis-à-vis des caméras de surveillance.

 

Bien évidemment, il était totalement à côté de la plaque.

Ce qui encore plus intéressant, c’est qu’après avoir visionné les enregistrements des caméras de surveillance diffusés par les policiers, il était persuadé que les enregistrements étaient des faux.

Les policiers se sont rendus à l’évidence :

 

 cet homme n’est ni fou, ni drogué.

 

C’est simplement un homme mal informé et totalement incompétent.

Cette histoire drôlement drôle est racontée par Dunning et Kruger, eux même. Elle sert d’illustration pour démontrer et expliquer leur vision de l’effet Dunning-Kruger.

Elle les a motivées à creuser la question.

 

Ce qu’il les a réellement passionnés c’est la grande confiance du voleur qui l’a poussé à être convaincus qu’il pourrait tromper les caméras avec du jus de citron sur le visage.

Pour mener l’enquête, ils ont observé et analyser les compétences d’un groupe de lycéens en se penchant notamment sur leur niveau de grammaire, de rédaction, de logique et leur sens de l’humour.

Ils leur ont fait passer des exams. À la fin des exams, ils leur ont demandé leurs ressenti, d’estimer leur note et leur classement.

C’est à ce moment précis que Dunning et Kruger ont découvert une

 

INFO FASCINANTE.

 

Ils se sont rendu compte que les élèves qui avaient eu une moins bonne s’étaient toujours surestimés.

Pas une surestimation.

Mais une grosse.

Ils pensaient tous avoir excellé en étant bien au-dessus de la moyenne alors que leurs résultats étaient très médiocres.

Ces élèves moins doués et moins compétents étaient persuadés d’avoir réussis sans avoir une réelle vision de leur niveau.

À l’inverse, les élèves les plus doués même s’ils ont une perception plus juste, plus objective et plus réaliste de leur niveau de compétences : ils ont, paradoxalement, totalement sous-évalué leur performance.

Ils savaient qu’ils étaient au-dessus de la moyenne comme c’était facile pour eux ils ont présumé que c’était facile pour tout le monde.

Ils ne savaient pas que leurs compétences les avaient hissés dans le top 10%.

Cet exemple reflète parfaitement ce qu’on appelle aujourd’hui,

 

l’effet Dunning Kruger.

 

 

Voici la courbe qui illustre l’effet (avec en abscisses le niveau d’expertise et en ordonnées le niveau de confiance) :

 

les incompétents et les compétents face à l'effet dunning kruger

On peut transposer l’effet Dunning Kruger dans tous les domaines de vie et toutes les disciplines :

 

  La plupart des chanteurs pensent qu’ils chantent super bien.

 

Le bon exemple c’est celui des télécrochets avec les castings de chanteurs. Très souvent, les chanteurs débutants ne comprennent pas pourquoi ils sont recalés alors qu’ils sont persuadés d’être d’excellents chanteurs.

La plupart de ceux qui ont le permis de conduire pensent être d’excellents chauffeurs.

La plupart des sportifs pensent être d’excellents sportifs.

La plupart des coachs, consultants, formateurs, thérapeutes… pensent être excellents

ou

très mauvais.

Je vois beaucoup d’experts, de coachs, de consultants, de managers, de formateurs… se sous-estimer alors qu’ils sont très bons voire excellents

Et

À contrario, je vois beaucoup de débutants très médiocres ou disons avec des connaissances encore très limités qui se surestiment grandement.

 

Comment réduire ou éviter l’effet Dunning Kruger ?

Naturellement, ça se passe au niveau du mindset, de l’état d’esprit. Je dirais plus précisément au niveau de l’égo.

Si on arrive à contrôler notre égo, on sera plus à même de ne pas être victime de l’effet Dunning Kruger.

Quand je dis contrôler notre égo cela veut simplement dire qu’on va travailler sur notre humilité en se rappelant que toutes nos connaissances sont relatives.

On peut toujours progresser, s’améliorer,

 

APPRENDRE

 

On peut et surtout on doit continuer d’apprendre.

Notamment, en allant à la rencontre (en se formant auprès) d’autres experts (notamment en face à face), on se rend vite compte de la marge de progression et du gain de temps.

 

Les américains ont une phrase fétiche sur ce sujet :

 

« When you stop learning you stop growing. » Kenneth H. Blanchard

 

(Si tu arrêtes d’apprendre, tu arrêtes de te développer).

 

D’ailleurs, en général, plus on apprend plus on se rend compte que nos connaissances sont minimes par rapport à d’autres experts.

En d’autres termes, plus on apprend moins on sait : oui, je sais c’est un peu paradoxal mais totalement logique, n’est-ce pas ?

En parallèle ceux qui explorent uniquement la surface ne sauront jamais ce qu’ils leur restent à apprendre.

D’ailleurs, ça me fait penser à la règle des 10 000 heures de Malcom Gladwell, auteur du bestseller « Outliers ».

Selon lui, pour être un véritable expert dans un domaine il faut 10 000 heures soit pour avoir une idée plus précise :

 

20h par semaine pendant 10 ans.

 

PLUS JE ME FORME PLUS JE ME FAIS ACCOMPAGNER PLUS JE ME RENDS COMPTE DE L’IMPACT DE L’EFFET DUNNING KRUGER.

 

Et pourtant, ça fait plus de 12 ans que je me forme auprès des meilleurs (de la crème de la crème).

Et vous ?

Que pensez-vous de l’effet Dunning Kruger ?

Est-ce que vous arrivez à (plutôt) maîtriser votre égo ?

Avez-vous tendance à vous sous-estimer ou à vous surestimer ?

Est-ce que vous (continuez à) vous former ?

 

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